Village du réemploi solidaire – Tiers-lieu

 

Lieu : 198, rue de Paris – 93100 Montreuil

Programme : Aménagement de neuf ERP de 5ème catégorie (8 locaux commerciaux et 1 café-restaurant) + deux locaux tertiaires

Superficie : 1 800 m² SDP

Budget : 1 250 000 € HT

Calendrier : livraison 2025

Maitrise d’ouvrage : Village du réemploi solidaire

Mission : complète

Crédits photos : LGA / La venelle

Au cœur de la ZAC Fraternité, La Venelle réunit dix structures de l’économie sociale et solidaire dans un passage traversant, entre la rue de Paris et la rue Étienne Marcel. Les boutiques s’installent au pied d’un nouvel ensemble de 115 logements collectifs mixtes, remarquablement conçu et réalisé par NRAU et Julien Joly architectes. On y trouve des boutiques de seconde main, des ateliers de réparation, un café-cantine et des bureaux. C’est le premier village du réemploi solidaire en France.

Le Village donne une deuxième, puis une troisième vie aux objets : il les collecte, les rénove et les transforme. Notre projet d’aménagement étend cette logique à l’acte de construire. Le réemploi n’y est pas une démonstration esthétique. Il structure le projet et concerne tous les lots, qu’on le voie ou non. On le trouve au sol, au plafond, sur les murs et dans les murs. Il est aussi dans la lumière, l’électricité, le chauffage, et jusqu’aux sanitaires.

Isolants, plaques de plâtre issues de chantiers de curage, portes, placards, faux plafonds, faux plancher en parquet, carrelage et faïence, chemins de câbles, luminaires, prises et interrupteurs, radiateurs, lavabos et éviers, mitigeurs, sanitaires, ballons d’eau chaude : tout provient du réemploi. Les châssis vitrés intérieurs ont été fabriqués par l’Atelier R-ARE. Les isolants qui ne sont pas réemployés viennent de dons ou de surplus de fin de chantier. Seules les cloisons coupe-feu sont neuves, pour des raisons de conformité. Pour le reste, nous avons privilégié des matériaux biosourcés et géosourcés plutôt que les plastiques et le PVC.

En réemploi, rien n’est figé. Une grande partie du sourcing se fait pendant le chantier. Il faut donc renoncer à tout décider en amont et tenir un projet ouvert, capable d’évoluer pendant la conception, pendant le chantier et après. Le rôle de l’architecte devient celui de préparer un cadre qui sait s’adapter et accueillir, à l’image de ce que le lieu abrite.

Ce projet doit beaucoup à une gouvernance collective exemplaire et aux entreprises de travaux. Certaines, peu habituées au réemploi, ont joué le jeu. D’autres, plus engagées, ont apporté leur savoir-faire et fait du chantier un lieu d’insertion professionnelle. Le sol de l’Atelier R-ARE en est un bon exemple : réalisé en chantier participatif et en plâtre à plancher. Cette technique ancienne et traditionnelle, sans résine, respirante et peu carbonée, porte en elle l’esprit du nouveau lieu.

La Venelle prouve qu’on peut construire autrement, et à grande échelle. Elle nous rappelle aussi que le chantier reste un lieu d’apprentissage et de transmission, y compris pour les architectes.